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Docs du moment - mai 2020 - Portraits et cartes de visites /

Les "Docs du moment" : nous vous proposons, pendant cette période de confinement, des rendez-vous réguliers pour découvrir ou redécouvrir des lieux et des monuments roubaisiens et voyager à travers les différents documents proposés par la Bibliothèque numérique de Roubaix.

Vingtième numéro : Portraits et cartes de visite

Aujourd’hui avec nos téléphones portables, "tirer le portrait de quelqu’un" est d’une facilité déconcertante. Et à l’ère du « selfie » cela devient aussi un phénomène de mode quand il s’agit de se prendre soi-même en photo. Mais revenons près d’un siècle et demi en arrière à une époque qui a vu naître un engouement identique pour un nouveau format photo : le portrait-carte (1854-1920).

Après l’avènement du portrait daguerréotype, la France du milieu du XIXe siècle voit se diffuser avec beaucoup de succès le développement de nouvelles techniques de photographies plus économiques. En 1850, Louis-Désiré Blanquart-Evrard invente un procédé photographique ingénieux : le négatif sur plaque de verre au collodion humide reporté sur papier albuminé.

Grâce à ce nouveau processus, le photographe parisien André Adolphe Eugène Disdéri en 1854 dépose le brevet d’un nouveau format de photo qui va très vite devenir populaire de par son faible coût de revient qui permet de multiplier les exemplaires d’un même cliché : le portrait carte de visite (aussi connu sous le nom de carte de visite photographique ou carte de visite portrait).

Cette technique et ce format se répandent très vite en France, en Europe et aux Etats-Unis et se généralisent dans le milieu professionnel de la photographie ce qui permet l’ouverture de nombreux studios dans les grandes villes de province.

A Roubaix, au milieu du XIXe siècle, on recense un grand nombre d’ateliers de photographes d’art ou peintres photographes qui ont pignon sur rue : P. Brulois au 51 rue de Lannoy ; Clément Deladerière au 20 rue de l’Hospice ; A. Mischkin au 25 rue Inkermann ; Charles Plaque au 85 rue de Mouvaux ; G. Lechantre au 28 rue des Fabricants, etc.

Au recto d’un portrait-carte, généralement de petit format (6 cm sur 10 cm), se trouve le tirage photographique en noir et blanc de personnes, seule ou en groupe. Au revers du cliché contrecollé sur du papier cartonné se trouve la carte de visite du photographe.

A l’origine, le nom du professionnel était mentionné au bas de la photo ce qui laissait le dos vierge. Par la suite, au revers du cliché apparaitra la publicité parfois illustrée du photographe en mentionnant ses diplômes, médailles et prix reçus par la profession. La carte de visite nous apporte des éléments intéressants quant aux techniques et prestations proposées par le photographe qui assure la prise de photos « très soignées ». Il conservait notamment les clichés originaux et proposait ainsi de fournir à ses clients de nouveaux tirages à la demande.

Il existe plusieurs formats de portraits : cadrés en pied, à mi-corps, en buste de ¾ aux contours estompés ou des formats plus rares ou plus artistiques : en médaillon, en ovale, hexagonaux ou triangulaires.

La mise en scène arrière et les accessoires peuvent être parfois fantaisistes ou plus neutres selon l’envie des modèles : en arrière-plan, un fond peint décoratif ou paysager, un rideau ou une tenture sombre, aux pieds un tapis brodé, une chaise tapissier sur laquelle posé son coude ou son bras, un livre en accessoire dans les mains. Néanmoins, la pose et la stature des modèles sont de rigueur, en revanche le sourire l’est bien moins ou alors il apparait très timide sur les visages ; d’ailleurs très souvent le regard ne fixe pas toujours l’objectif.

Les modèles sont souvent issus des familles de la grande bourgeoisie et de notables roubaisiens : des groupes d’amis, des familles au complet, portrait en solo du bébé, des jeunes enfants en tenue endimanchée, etc. Mais le faible coût du tirage peut aussi permettre à des familles plus modestes de « se faire tirer le portrait ».

Les commandes de ces épreuves photographiques sont souvent passées à l’occasion d’évènements qui ponctuent la vie et les moments heureux d’un individu ou d’une famille : la naissance d’un bébé, une cérémonie religieuse, la remise d’un diplôme, les fiançailles et le mariage, le service militaire, sur le lit de mort, etc.

Les familles échangeaient très certainement avec leurs proches ces portraits-carte et collectionnaient leurs clichés ou celles de personnalités célèbres dans des albums photos prévus à cet effet.

Une nouvelle technique en chassant une autre, le portrait carte disparait dans les années 1920 avec le développement du tirage instantané.

Pour découvrir toute la série des portraits et cartes de visite de notre collection, c'est par ici. N'hésitez pas à vous promener dans la Bn-R, à effectuer des recherches et à utiliser les facettes.

A droite : Portrait du photographe Clément Deladerière, sans date. A retrouver ici.

Boite porte-carte en carton imprimé

Photographe Sémoff, sans date.

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Portrait d'un bébé

Portrait du photographe A. Mischkin, sans date.

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Portrait d'une jeune enfant

Portrait du photographe Charles Planque, sans date.

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Portait d'un couple

Portrait du photographe Sémoff, sans date.

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Portrait d'Eugène Motte

Portrait du photographe G. Lechantre, vers 1930.

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Portrait en médaillon d'une jeune femme

Portrait du photographe J.H. Coudroy, sans date.

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Portrait de famille

Portrait de la photographe Veuve Léon, sans date.

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Portrait d'une religieuse

Portrait du photographe Sémoff, sans date.

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Portrait en pied d'une jeune femme

Portrait du photographe Kips-De Coppin, sans date.

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Portrait d'Hélène Wattinne, 11 ans

Portrait du photographe A. Mischkin, 1914.

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Portrait d'un jeune homme

Portrait du photographe A. Mischkin, sans date.

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Un groupe d'amis

Portrait du photographe Olivier, sans date.

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