Cette phrase de Van der Meersch illustre le rapport intime et torturé qu'il entretient avec l'écriture.
Pour écrire un livre, il réunit une importante documentation (articles de journaux, observations, petits croquis, entretiens).
Ensuite, il assemble progressivement de multiples notes qu’il réunit dans des plans et des tables de matières pour produire un manuscrit qui sera plusieurs fois corrigé avant sa livraison finale.
Ce travail épuisant se rattache, d’une part à une certaine forme de journalisme, d’autre part, à une volonté naturaliste qui l’a fait comparer à Zola qu’il admirait.
Cependant, plus qu’un traitement rigoureux de la réalité, nous avons plutôt à faire des « romans à thèse » où la réalité est convoquée pour valider des idées sur la réforme spirituelle de l’homme et de la société.
Pour mieux comprendre la méthode de l'écrivain, rien ne vaut de laisser Van der Meersch s'exprimer directement. Voici quelques extraits de l'article « L'inspiration », qu'il avait rédigé pour les « Etudes carmélitaires » :
La part autobiographique et la défense de ses engagements personnels sont deux dimensions très importantes dans l'oeuve de Maxence Van der Meersch qui avouait lui-même « n’avoir aucune imagination »