Les combats : intimité et engagement
Van der Meersch met sa célébrité au service de « romans à thèse » qui appellent à une révolution spirituelle. Son message est à la fois un témoignage de sa propre conversion et une participation active aux positions « non-conformistes »
Maxence Van der Meersch est un « romancier à thèse ». Son expérience intime et ses observations sont au service de thèses soit sur l’orientation philosophique (du « nietszcheisme » à la conversion), soit le monde médical (défense de Paul Carton contre la médecine officielle) soit la réforme de la société.
L’obsession médicale
Maxence VAN DER MEERSCH s’est intéressé à la médecine très tôt. D’abord, parce que souffrant de la tuberculose, il fit de son corps le théâtre même d’une expérience intime de la souffrance.
Dans « Corps et Âmes », il utilise le monde médical comme métaphore de la crise de civilisation. Il rejette dos à dos clinique privée et hôpital public, c’est-à-dire dans l’esprit des non-conformistes des années 30, capitalisme et communisme qui étaient, selon eux, les deux facettes du même matérialisme dont il fallait sortir pour réformer la société.
Il témoigne par là de l’ampleur de la question de la lutte anti-tuberculeuse même si il passe à côté de l’œuvre anti-tuberculeuse dont Lille et Roubaix, grâce notamment à Albert Calmette seront les capitales précoces.
Un intellectuel engagé
Van der Meersch ne fut pas le propagandiste d’un parti politique, il prit cependant de multiples positions idéologiques et politiques.
D’abord au sein de l’église, il défendit la JOC et voulut donner son vrai visage à Sainte Thérèse. Par là, il critiqua un certain conformisme de l’église, ce qui lui valut de nombreuses critiques.
Mais il prit aussi position pour des réformes sociales qui s’opposaient aux orientations du gouvernement du front populaire. Il signa ainsi un certain nombre de chroniques, voire d’appels aux côtés d’autres intellectuels catholiques qui représentent les premiers pas de la démocratie chrétienne qui s’incarna à la libération dans le MRP.
Van der Meersch se rattache aux non-conformistes des années 30, souvent chrétiens, pour qui la crise est le signe d’un échec de civilisation. Non engagés, « ni droite ni gauche », ils rejettent communisme et capitalisme, deux versions du « matérialisme » et prônent une révolution spirituelle. Ces thématiques nourriront le pétainisme comme l’ideal de refondation de la Libération
Pour de nouvelles élites
Cette réforme de la société suppose de nouvelles élites qu’il croit trouver dans l’œuvre du médecin naturiste Paul Carton, comme dans les figures populaires de la sainteté, Sainte Thérèse et le curé d’Ars.
Retour